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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 10:54
Demat deoc'h, Bonjour à toutes et à tous,

Cet article (auteur inconnu) provient du site Wulinmingshi (remerciements à Maître Ming).
Cet article assez long sera présenté sur le blog en plusieurs parties.
La traduction que j’en ai faite peut comporter quelques lacunes. Si c’est le cas, je m’en excuse par avance.
Je vous souhaite une très bonne lecture.

David BLAYO.


Souvenirs de YAO Zong Xun – une interview de CUI Rui Bin
(
1ère partie) :

Je m’intéresse au Yiquan (Boxe de l’Intention), également connu sous le nom de Da Cheng Quan (Boxe du Grand Accomplissement), l'art martial chinois célèbre pour son accent mis sur la pratique de "Zhan Zhuang" (Posture de l’Arbre) comme méthode d’entraînement, depuis un moment maintenant. Je suis tombé sur une interview (ici) avec CUI Rui Bin (un grand étudiant de WANG Xiang Zhaï, le fondateur du Yi Quan, par le biais de son meilleur élève YAO Zong Xun), ce qui est doublement intéressant, tant pour ses connaissances historiques que ses conseils pour la pratique. Comme il est très long, j’ai seulement traduit la partie ci-dessous :


Maître YAO Zong Xun pratiquant Fa Li.

"Le 11 Janvier 1985, YAO Zong Xun, l'un des meilleurs maîtres de Yiquan de sa génération, est décédé. Durant les 20 années suivant son décès, après des débuts sous de mauvais augures, car ayant d'abord été décrié comme n'étant pas un « véritable » art martial, le Yi Quan est aujourd'hui en plein essor, attirant les amateurs d'arts martiaux locaux et étrangers avec son style et son contenu unique. Pour commémorer le 20ème anniversaire de la mort de Maître YAO, j'ai interviewé l'un des meilleurs disciples de Maître YAO, Cui Rui Bin, dans son Centre International d’Entraînement au Yi Quan à Beijing (Ndt : Pékin), situé dans le village de Taolin, ville de Xingshou dans le district de Changping de Beijing. Dans le spacieux bureau du Centre d’Entraînement, j'ai demandé à Maître CUI de partager avec nous son expérience de l'étude avec Maître YAO et de discuter des réalisations de Maître YAO dans les arts martiaux. Dès que j’ai mentionné « Maître Yao », Maître CUI, à l'époque déjà plus de 50 ans, ne pouvait pas s’empêcher d'être englouti dans ses souvenirs du passé. Son affection et sa nostalgie pour Maître YAO étaient évidentes dans chacun de ses mots.
L’entrée du Centre International d’Entraînement au Yi Quan de Maître CUI Rui Bin.

Auteur (Ndt : dénommé A) : Quand avez-vous commencé à étudier le Yi Quan avec Maître YAO?
CUI Rui Bin (Ndt : dénommé C) : Mon premier contact avec le Yiquan date de 1968, mais je n'ai pas été étudié d’abord avec Maître YAO. J'ai d'abord étudié avec LI Zhi Liang (frère aîné de LI Yong Zong, qui a été appelé à l'origine LI Yong Liang), que j'avais rencontré par l'intermédiaire d'un camarade de classe de la lutte antimines au collège technique où j'étudiais alors. Ils (les frères LI) furent formés par WANG Xiang Zhaï et séjournèrent dans la maison de Maître YAO. Je dois avoir étudié avec Maître LI à peu près 4 ans.

      Maître CUI Rui Bin pratiquant Dou Li Zhuang.

A : Qu'est-ce que vous pratiquiez avec Maître LI?
C : Avec Maître LI, nous avons pratiqué beaucoup de choses, telles que les cinq coups de poing du Xingyi (Pi Quan, Beng Quan, Zuan Quan, Pao Quan, Heng Quan), jusqu'en 1972, date à laquelle j'ai commencé à travailler. En 1972, je suis allé à Dalian pour l’entraînement. Normalement, je pratiquais Zhan Zhuang, mais le Zhan Zhuang que je pratiquais était alors très différent de ce que j'ai pratiqué avec le Grand Maître YAO. Quelque temps plus tard, je suis retourné à Beijing à partir de Dalian. Quelques jours après mon retour, mon camarade de classe ZHANG Xiang Heng m'a téléphoné, disant qu'il avait trouvé un bon professeur pour nous. Et alors, ZHANG Xiang Heng, ZHANG Hong Cheng (l'un des disciples du Grand Maître YAO à partir des années 60) et moi-même avont pris nos bicylcettes et roulé jusqu’à Cuicun dans le district de Changping afin de voir le Grand Maître YAO. En voyant Maître YAO j'ai été choqué – le fait d'être rasé de près en moins, il ressemblait au portait craché du Maître de mes rêves! (Ndt : Quelques temps auparavant, Maître CUI avait fait un rêve dans lequel il se voyait avec un Grand Maître d’Arts Martiaux et qui ressemblait trait pour trait à YAO Zong Xun… la barbe en moins). Je voulais passer par le traditionnel Baishi* (qui implique 3 genuflexions).


Le Grand Maître YAO déclara : "Pas besoin de genuflexions, 3 salutations feront l’affaire". Maître YAO vivait à Cuicun parce qu'il avait été "renvoyé" de la ville, il était toujours sous observation. (Ndt : les autorités de l’époque ne voyaient pas d’un bon œil les pratiques martiales, car historiquement les boxers furent à l’origine de nombreuses révoltes).

A : Après être devenu disciple de Maître YAO, l’avez-vous dit à Maître LI?
C : Maître LI était très mécontent de savoir que j'avais commencé à étudier avec Maître YAO. Lorsque le Grand Maître YAO l’a découvert, il écrivit une lettre à Maître LI, en lui disant qu'il m’avait officiellement accepté comme son disciple, et qu’il n'y avait donc pas lieu de se fâcher. Chaque année, après ça, je rendais visite à Maître LI lors du Nouvel An chinois. Parce que la femme de Maître LI, HONG Pin Zhen était la fille de HONG Lian Shun (un Maître de Xingyiquan et de Tantui à Beijing et qui devint plus tard un disciple de WANG Xiang Zhaï), je l’appelais Shigu (ma tante « martiale »).

A : Combien de temps avez-vous étudié avec Maître Yao?
C : J'ai commencé à étudier avec lui en 1972 lorsqu'il a été envoyé à la campagne, et j’ai continué d'étudier avec lui jusqu'à son décès en 1985. Au cours de ces 13 ans, je suis passé par 4 phases. Dans la première phase, j'ai étudié avec Maître YAO à la campagne et dans le secret, dans la deuxième phase, Maître YAO était retourné à la ville et les cours furent semi-publics, dans la troisième phase, les cours à Beijing devinrent vraiment publics, et la quatrième phase, c'est quand Maître YAO a tenu une formation intensive au stade de Nongtan avec le soutien de l'Institut de Recherche de la Commission de l'Education Physique de Beijing.

A : Comment c’était lorsque vous pratiquiez à la campagne?
C : Après notre première rencontre avec Maître YAO, il m'a dit qu’à partir de ce moment-là je devais venir par mes propres moyens. À cette époque, pour aller du disctrict de Fengtai où je vivais à Changping cela prenait 4 heures à vélo, cela faisait probablement 70 km aller-retour. J'ai changé mes horaires de travail pour que je puisse prendre 3 jours de congé en même temps chaque mois. Dès lors, je me rendais à la maison de Maître YAO une fois par mois, et j’y restais pendant 3 jours à chaque fois. Plus tard, j'ai senti que le vélo sur de longues distances me fatiguait et affectait ma pratique, j'ai donc commencé à prendre l'autobus. Chaque fois que je me rendais chez Maître YAO je devais prendre un bus, juste après 5 heures du matin de Fengtai à Deshengmen, puis attendre le prochain bus pour Changping. Les bus à l'époque n'étaient pas aussi fréquents que maintenant, il n'y avait qu'un bus de Deshengmen à Changping toutes les deux heures. Alors, en arrivant à Changping, je devais prendre un autre bus pour Cuicun. A ce moment-là, je devais marcher jusqu’à la maison de Maître YAO depuis l'arrêt du bus, il était généralement 13h00. Faire ces allers/retours a été un véritable problème. Quand j’arrivais, je mangais, puis je m’entraînais jusqu'au dîner. Après le dîner, nous pratiquions encore un peu. À l'époque, à chaque fois que je venais, Maître YAO prenait congé de son unité de production. Il prenait toujours un congé glissant dans son unité, en disant qu'il avait des invités qui venaient de loin et qu'il avait besoin de 2 jours de congé.

A : La pratique dans ces conditions a été très difficile.
C : Oui. L'environnement à cette époque était très mauvais. Maître YAO m’a toujours sermoné, en disant : «Si quelqu'un vous demande pourquoi vous venez à Cuicun, dites simplement que vous êtes malade et que vous êtes venus ici pour recevoir un traitement. Ne dites jamais que vous venez ici pour la pratique des arts martiaux ! ». Pour être honnête, j’ai rejoint la Ligue des Jeunes Communistes parce que Maître YAO m’a dit de le faire. Il a déclaré : «Nous vivons dans les temps modernes, maintenant, vous devez gravir les échelons, tant dans votre travail que dans votre vie privée. Si vous ne le faites pas, notre Yi Quan sera toujours limité. Si vous progressez dans le monde, la pratique du Yi Quan sera bénéfique pour vous. Ce que je veux dire, c'est que le Yi Quan est un vrai joyau, je ne veux pas que d'autres facteurs [c'est-à-dire des raisons politiques] fassent obstacle à votre entraînement ». À partir de ce moment-là, chaque fois que je suis allé à Cuicun, les gens me demandent souvent : « Pourquoi avez-vous à venir ici? Qui cherchez-vous? Que faites-vous? Quelle est votre passé politique? ». Après que Maître YAO eut cette discussion avec moi, quand je suis retourné à l'usine où je travaillais, j’ai demandé à adhérer à la Ligue de la Jeunesse Communiste. Il s'est avéré que, parce que mon rendement au travail et mon attitude générale étaient assez bons, j'avais le droit d'y adhérer. Après mon adhésion, je suis devenu un commissaire pour la Ligue de la Jeunesse Communiste locale. Après cela, j'étais beaucoup plus affirmé dans mes réponses lorsque les gens me demandaient pourquoi j'allais Cuicun, pas furtivement comme avant.

A : Qui d'autre a pratiqué avec vous au cours de cette période?
C : Matins et soirs, Rongzi (YAO Cheng Rong) et Guangzi (YAO Cheng Guang) pratiquaient avec moi, mais au cours de la journée, ils devaient travailler dans les champs pour gagner de l’argent. En conséquence, au cours de la journée, il n’y avait juste que moi et Maître YAO.

A : Vous deviez vous sentir très chanceux d'avoir ce privilège d'étudier en tête-à-tête avec Maître YAO.
C : Plus tard, lorsque le fils du Secrétaire de l’unité de production a commencé à étudier avec Maître YAO, les choses ont commencé à changer. Ils arrêtèrent de l’envoyer dans les champs pour travailler. Au lieu de cela, ils lui ont donné la tâche beaucoup plus facile de s'occuper d'un cheval, tout en gagnant exactement la même chose. Dès lors, Maître YAO n'eut plus besoin de demander un congé à chaque fois que je venais le voir. Nous amenions le cheval dans les collines ou dans d’autres lieux, sans personne autour. Dès que le cheval était solidement attaché et commençait à paître, Maître YAO commençait à m’enseigner. Maître YAO vivait dans une petite maison avec 3 pièces donnant au nord et une plus petite donnant à l’est. L’environnement à l'époque était assez exigu - des 3 pièces donnant au nord une seule était une chambre à coucher, de sorte qu’à chaque fois je venais, Rongzi devait dormir chez les voisins. Tous les quatre (Maître Yao, son épouse, CUI Rui Bin et YAO Cheng Guang) nous dormions sur le même matelas. Guangzi et moi dormions sous une couverture, tête-bêche. Durant les 7 années jusqu'à ce que Maître YAO retourne à la ville en 1979, Guangzi et moi avons dormi sous la même couverture.

R : Vous devez être très proches.
C : Oui, nous le sommes. [à suivre…].


* Baishi = cérémonie d’acceptation comme « disciple à genoux » par le Maître.

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Published by David BLAYO - dans Ressources
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