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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 19:16
A : Tout à l'heure, vous avez dit qu'il y avait une différence entre les eseignements de Maître YAO et ceux de Maître LI. Pourriez-vous aller un peu plus dans les détails?
C : Quand Maître YAO a commencé à m’enseigner Cheng Bao Zhuang (la posture d’embrasser un arbre), il a noté que je ne tenais mes mains correctement. Ses exigences étaient très précises, jusqu’à la position exacte de chacun des doigts pendant la posture. Quand je rentrais chez moi, je faisais Zhan Zhuang aussi longtemps que ça devait durer pour trouver les sensations, parfois pendant des heures dans une posture. Après l’avoir trouvé, je racontais cela à Maître YAO, après quoi il passait à l'étape suivante. Apprendre de cette façon, ça vous aide vraiment à améliorer votre gongfu. Aujourd'hui, il y a beaucoup de personnes qui enseignent le Yiquan, mais ce qu'ils enseignent est le plus souvent identique.


Maître YAO en Cheng Bao Zhuang.


La différence entre Maître YAO et ces autres personnes est dans les détails, je pense que ces détails sont très importants, car ils affectent les changements internes en cours dans votre corps. Prenez le processus de «Qiu Jin» (recherche de puissance), par exemple : quand j'étudiais avec Maître LI, on nous avait juste dit de nous imaginer étreindre et secouer un arbre. Pour Maître YAO, d'autre part, il y a eu plusieurs étapes dans «Qiu Jin ». Tout d'abord, vous devez vous imaginer tirant à l'arbre. Ensuite, il y a un stade où vous tirer l'arbre, mais vous ne pouvez pas le déplacer. Une fois que vous avez atteint cette sensation dans votre Zhan Zhuang, il est temps d'imaginer l'arbre qui vous tire. Et si, une fois qu’il vous a tiré, vous commenciez à le tirer...? Plus tard, j'ai réalisé que cette façon d'enseigner « Qiu Jin» est effectivement un moyen d’entraîner vos réflexes.
Chaque fois que je suis allé voir Maître Yao, je tenais à signaler fidèlement toutes nouvelles expériences ou sensations rencontrées dans ma pratique. Un jour, en 1980, je pratiquais Ti An Shi Li (Essayer la Force de soulever et presser), près du lac du parc Ting Tao Ran. Je devais m’avoir exercé pendant une bonne heure environ quand soudainement j’ai senti que non seulement qu’il y a une force horizontale d’avant en arrière, mais aussi une force verticale, ainsi qu’une force horizontale de gauche à droite dans ce Shi Li. À ce moment-là, c’était comme si j’avais été un homme aveugle pendant des années et qui tout à coup retrouvait la vue. Ce qui est encore plus intéressant, c'est que comme j'ai utilisé de moins en moins de muscles et de plus en plus l'intention, la sensation est devenue encore plus forte. Quand j'ai rapporté ces sensations à Maître YAO, il était vraiment heureux, disant : "Continuez à pratiquer, mon garçon!". La même chose s'est produite plus tard, lorsque j'ai senti pour la première fois comme si mon corps allait s'envoler en Zhan Zhuang, Maître YAO déclara que "Jeune garçon, c'est ce que nous appelons «Ba Di Yu Fei"  [Littéralement quitter la terre, désireux de voler]! "

A : En Yi Quan, Zhan Zhuang, ce n'est pas seulement l’entraînement de la force, il y a beaucoup plus de choses. Est-ce que toutes ces choses sont liées au combat réel?
C : De mon expérience (et selon Maître YAO), les sensations et les capacités que vous manifestez en Zhan Zhuang devraient être transposées en Shi Li et en combat réel. Prenez «Jing Shen Fang Da» (l'esprit très grand), par exemple : il n'est pas bon si vous pouvez le faire en Zhan Zhuang, mais pas en Shi Li ou en combat. Zhan Zhuang c’est chercher à contrôler les mouvements internes quand l'extérieur est sans mouvement apparent, quand vos membres sont en mouvement (en Shi Li), pouvez-vous maintenir la même sensation, projeter la même force? Et qu’en est-il dans des conditions de combat réel? L'inverse est également vrai : seulement lorsque vous pouvez conserver toutes ces qualités et ces sensations en combat, pouvez-vous aborder le Jian Wu (la danse de la boxe pour la santé) dans ces mêmes conditions ?

A : En parlant de Jian Wu, quand est-ce que l’étudiant est prêt à la pratiquer?
C : Vous ne devriez pratiquer Jian Wu qu’après avoir atteint le stade de corps solide comme de la fonte (Ti Zheng Zhu Ru), les membres sont comme remplis de plomb (Shen Ru Guan Qian), la chair et la peau sont comme un (Ji Rou Ruo Yi), les poils du corps comme des lances (Mao Fa Ru Ji), alors et seulement alors vous manifestez la bonne «saveur». Pensez-y, si vous ne pouvez même pas maintenir votre connexion vers le monde extérieur pendant Shi Li, est-ce que votre «Jian Wu » est vraiment Jian Wu? Ainsi que les 4 conditions dont j’ai parlé ci-dessus, vous devez avoir également développé la sensation de «Zhi Guo Liu Hen » [littérallement : les doigts laissent des traces là où ils passent]. Comme le Grand Maître WANG a dit : « Si vous n'avez pas ce Jin, cette puissance, tout ce que vous êtes en train de faire c’est d’agiter les bras en l'air. Mon conseil personnel aux amateurs de Yi Quan est que vous pouvez toujours tenter des choses que vous expérimentez en Zhan Zhuang ou en Shi Li, pour voir si vous pouvez maintenir cette sensation, tout en vous déplaçant librement. Si la sensation devient faible, c'est alors que vous devriez revenir à votre Zhan Zhuang et vos Shi Li pour les renforcer ».

A : Vous avez mentionné que Maître YAO était très précis dans son enseignement avec vous. L’était-il avec tous ses élèves?
C : Ses méthodes d'enseignement dépendaient de l'aptitude de la personne, c’était très progressif, une approche « rigoureuse ». Il est vrai que j’ai reçu un «traitement spécial», principalement dans le sens où Maître YAO me disait les tenants et les aboutissants de chaque posture. Par exemple, bien que Maître YAO ait commencé à m’enseigner par Cheng Bao Zhuang, il m’expliquait que la séquence devait être réellement : Ti Cha Zhuang - Tuo Bao Zhuang - An Fu Zhuang - Cheng Bao Zhuang. Il ajouta que Ti Cha Zhuang sert à travailler la force verticale. Chaque posture permet de travailler différentes « Jin » [forces]. C’était comme ça pendant ma première année à l'école : Maître YAO ne cessait de m'apprendre quelque chose d'un niveau un peu plus élevé que mon niveau à ce moment-là, et m’expliquait le processus, la séquence concernant ce point. Pour la plupart des autres personnes, il leur enseignait juste ce qu'ils avaient besoin de savoir, à leur niveau particulier, et n’allait pas leur expliquer la séquence d'apprentissage.


Je pense que la qualité critique de l'enseignant est qu'il ne devrait pas seulement vous enseigner les exigences d'une posture, mais aussi la logique sous-jacente de l’entraînement.

Je me souviens quand j'avais l'habitude d'aller à la maison de Maître YAO, j'avais l’habitude de pratiquer jusqu'à minuit, parfois même jusqu'à 01H00. Et puis, après avoir fini mon entraînement, Maître YAO me parlait en profondeur du Yi Quan (ainsi que d'autres choses) jusqu'à 3 heures du matin. Le lendemain matin, Je me levais à 5 heures pour trouver Maître YAO déjà en train de pratiquer Zhan Zhuang.



Yao Zong Xun en Ti Cha Zhuang.

A : Quelle posture, pratiquait-il?
C : Il pratiquait Fu An Zhuang devant le miroir de son armoire. Fu An Zhuang est une posture particulièrement "riche", il y a beaucoup de choses en elle. En fait, il y a beaucoup dans chacune des postures, il y a beaucoup de "couches" en chacune d’elles. La principale chose est sur quelle «couche» vous êtes. Quand j'ai vu Maître YAO pratiquant déjà, je me suis levé. Me voyant dans le miroir, il m'a dit de retourner me coucher.


A : Le Grand Maître WANG Xiang Zhaï n’avait-il pas averti les étudiants de ne pas pratiquer en se regardant dans le miroir?
C : C'est vrai. Mais quand vous arrivez à un certain niveau, vous pouvez « faire face au miroir mais oublier votre forme » (Dui Jing Er Xi Er Wang Qi Xing). Cela parle de la relation entre la forme extérieure et votre esprit.

A : Le Yi Quan est un art très axé sur le combat, quand avez-vous eu pour la première fois perçu les capacités de Maître YAO en combat?
C : Parce que j'avais déjà pratiqué le Shuai Jiao (lutte chinoise) et la boxe, et également étudié avec Maître LI pendant 4 ans, j'avais déjà de bonnes bases en Tui Shou (poussées des mains) et en sparring avant d’avoir commencé à étudier avec Maître YAO.


YAO Zong Xun en Fu An Zhuang.

Après avoir commencé à étudier avec lui, nous pratiquions tous Zhan Zhuang, Shi Li ou Mo Ca Bu, mais nous ne faisions jamais de sparring, alors je voulus "tester" Maître YAO. Et alors, un jour, j'ai apporter une paire de gants de boxe chez Maître YAO. Dès que Maître YAO a vu les gants, il a déclaré : "Il n'y a pas besoin de gants, si vous souhaitez me frapper, frappez-moi. Ne vous retenez pas! ». Dès qu’il l'a dit, je me suis dit : « Et si je le blessais réellement? N'est-ce pas un peu manquer de respect (à Maître YAO)?". Malgré ces doutes, je le frappai avec environ 80% de ma pleine puissance.

A : Etait-ce dans une situation de Tui Shou ? (poussée des mains)
C : Non, j'ai mis une certaine distance entre moi et Maître YAO, feinté à plusieurs reprises, puis attaqué. Maître YAO utilisa sa main dominante afin de bloquer ma garde. Au moment où sa main en garde entra en contact avec mon poing, brusquement, j'ai senti comme si le ciel s’était assombri (il était d'environ 3 heures dans l'après-midi, à ce moment-là). Mon esprit devint totalement vide. Après un certain temps, le soleil réapparu. Ce n'est que lorsque les «lumières» furent revenues que je me suis rendu compte qu'il m’avait frappé. C'était comme lorsque vous enfoncer violemment la pédale de freins dans une voiture, tout dans la voiture est projeté en avant et devient sombre.

Assez curieusement, je n'ai pas ressenti de peur à ce moment-là, juste un peu de confusion. Plus tard, Maître YAO m'a dit : "Si vous voulez nourrir votre talent, vous ne pouvez pas vous battre avec un esprit confus. Si vous détruisez son esprit, vous le détruisez. De plus, cela prend beaucoup de temps à quiconque de retrouver ses esprits. Tout ce que je voulais faire était de vous montrer que le Yi Quan est un bon art martial". De ce fait, nous pouvons voir que Maître YAO était vraiment talentueux. Quand il boxait avec moi, la force qu’il utilisait était magnifiquement sous contrôle. Il y a une différence fondamentale entre ceci et le sparring actuel ou le combat. Quand je faisais du sparring avec des gens lors d’une série de stages en Angleterre, j'ai vu que, dès qu’ils sont soudainement projetés au sol, il y avait une expression de peur sur leur visage. Chaque fois que j'ai pratiqué Tui Shou avec quelqu'un, j'ai demandé au traducteur de prendre des photos de la rencontre. Mais chaque fois, au lieu de prendre des photos il se tenait là, bouche bée. Je souhaite que nous réussissions à obtenir quelques photos de ces rencontres.

A : Au cours de cette période à la campagne, à l'exception de discuter des arts martiaux, parliez-vous d'autres choses avec Maître YAO?
C : Maître YAO parlait également de sa vie et de son passé, à partir de ses 4 ans quand il a été "envoyé" à Changping. Il a également parlé de la façon dont il en est venu à apprendre le Yi Quan de Maître WANG. Il disait que lorsque Maître WANG enseignait aux gens, il expliquait les différentes forces dans une posture et alors leur disait de pratiquer, il n’allait pas beaucoup dans les détails dans un premier temps. Maître WANG était un peu un drôle d’oiseau : si vous « trouviez » la juste sensation dans une posture, il vous réprimandait férocement comme si votre posture était encore mauvaise, et si votre posture était "vide", il ne disait rien, tournait les talons et s’en allait. Bien sûr, cela conduisait à des malentendus parmi ses élèves. Ceux qui étaient réellement dans le vrai pensaient qu'ils avaient fait quelque chose de mal, alors que ceux qui étaient fort éloignés des bases pensaient que ce qu'ils faisaient était correct. Bien sûr, ce n'était pas le cas : dans la manière de penser de Maître WANG, ce n'est que les étudiants qui avaient effectivement affiché des signes « d’investissement » qui avaient valeur à être réprimandés. Au cours de cette période, il avait pour habitude d’éviter Maître WANG lors de la pratique, si Maître WANG était dans la cour avant, Maître YAO se dérobait pour pratiquer dans la cour arrière, et vice versa. En Zhan Zhuang, Maître YAO recherchait d’abord « haut et bas» [la force verticale], puis « avant et arrière », puis « à droite et à gauche ». C'était cette pratique étape par étape, qui a conduit Maître YAO à développer ses compétences.

Wang Xiang Zhaï pratiquant Dou Li Shou Shen Zhuang.

En fait, on pourrait dire que c'est la même chose pour tout processus, vraiment, vous ne pouvez pas attendre des résultats du jour au lendemain. Prenez la fabrication d’une machine par exemple : d'abord, vous devez produire tous les différents composants, puis assembler la machine à partir de ces composants. C'est pourquoi, bien que plusieurs des disciples de Maître WANG aient développé de grandes compétences, seul Maître YAO a vraiment transmis et construit à partir des enseignements véridiques de Maître WANG. Maître YAO devint disciple de Maître WANG à l'automne 1937 et commença à enseigner aux étudiants et à accepter les défis au nom de Maître WANG seulement 3 ans plus tard, en 1940. Avant d'étudier avec Maître WANG, Maître YAO était déjà une figure bien connue comme il avait étudié le Tantui, le Xingyiquan et le Hongquan [un style de Shaolin] avec Maître HONG Lian Shun. Maître YAO m'a montré une fois son Tantui : pieds nus, il pouvait rapper les coins d’une brique à volonté. Dans son université, Maître YAO a été un très bon joueur de basket-ball et un bon coureur de demi-fond. En dehors de me dire comment il avait appris le Yi Quan avec Maître WANG, nous avons également parlé des expériences de Maître WANG qui l’ont amené à développer le Yi Quan. Il en était de même pour Maître WANG : il devait avoir développer une idée ou une compétence avant de pouvoir passer à l'étape suivante, ce fut un processus « étape par étape » (Ndt : litté. « pas à pas »). Vous devez vraiment apprendre quelque chose à l'intérieur avant de passer à la prochaine étape. J'ai eu la même expérience d'apprentissage en Shuai Jiao : vous devez réellement maîtriser une première projection, puis lorsque vous passez à la deuxième projection, vous pouvez librement passer de l’une à l’autre à volonté : cette capacité à changer ne vient que d'une véritable maîtrise. Un des dictons courants de Maître WANG était "Dur et doux, vide et plein, mouvement et immobilité, tension et détente, ils interagissent tous simultanément" parle précisément de ce principe. Cette idée (de la capacité à changer vient de la maîtrise du contenu par étapes) est une méthode d'apprentissage quasi scientifique, c’est un fait objectif, ce n'est pas comme si Maître WANG venait de le créer sur un coup de tête. C'est le produit de nombreuses années d’entraînement, d'application et de recherche. C’est la seule façon de devenir bon en Yi Quan si vous avez suivi et compris le raisonnement sous-jacent à cette approche. Il ne s'applique pas d’ailleurs au Yi Quan seul : le processus d'apprentissage dans n’importe quel secteur d'activité est ainsi. C'est comme l’habitude de Maître YAO de dire : "Le tao est immuable (Dao Nai Wan Yi), bien que les expressions de celui-ci soient innombrables, il n'existe qu'un seul principe unificateur derrière eux».

A : Tout à l'heure, vous avez mentionné que, afin de développer Hunyuan Li (généralement traduit par «force multi-directionnelle), vous deviez entraîner chaque aspect une étape à la fois. Existe-t-il un moyen de développer Hunyuan Li en un seul travail?
C : Il y a un moyen, mais vous devez avoir les bonnes fondations. Je me souviens, un dimanche en 1981, je suis allé dans un petit parc au sud de la route de Li Shi pour pratiquer Zhan Zhuang seul. J'étais en Ping Bu Cheng Bao Zhuang (posture d’enlacer un arbre avec les pieds parallèles). Plus tard, j'ai vu Maître YAO marcher vers moi à une certaine distance. Quand il est arrivé jusqu’à moi, il a dit: "Qu'est-ce qui se passe à l'intérieur de vous?". Je savais alors qu'il m’avait observé pendant un moment. C’est ce jour-là, qu’il m'a dit la manière de développer Hunyuan Li en une seule fois.

A : Pour autant que le Yi Quan ne soit pas né d’hier, des gens ont dit que le Yiquan a été créé parce que WANG Xiang Zhaï n'avait pas bien maîtrisé ni bien compris le Xing Yi Quan. Certaines personnes que je connais disent même que le Yi Quan c’est basiquement Zhan Zhuang plus la moitié de « Hu Pu » (posture du tigre bondissant). D'autres personnes disent que le Da Cheng Quan c’est Zhan Zhuang plus de la boxe, ou que le Yi Quan n'a pas de coups de pied.

C : Parfois, l'ignorance c’est le bonheur, n'est-ce pas? Les gens ne diraient pas ces choses si elles venaient à mon centre d’entraînement et expérimentaient ce que nous avons à offrir. Quant aux coups de pieds du Yi Quan, Maître YAO m'a enseigné les « Yi San Tui Shi » (3 coups de pied dans une posture) du Grand Maître WANG Xiang Zhaï : les coups de pieds sont divisés en bas, médian et haut. Le premier coup vise le genou de l'adversaire, la deuxième vise le coeur et le troisième vise la gorge. La vitesse des trois coups de pied devrait être le même que le temps qu'il faut pour donner 3 crochets. Comme le Gong Fu de WANG atteignit Hua Jin, il a utilisé de moins en moins de coups de pied, mais cela ne signifie pas que le Yi Quan n’a pas de coups de pied. Je me souviens d'une fois, Guangzi et moi, nous étions en train de pratiquer des coups de poings avancés, à Tucheng, nous devions pratiquer ces coups de poing de Tucheng, sur tout le chemin vers l'ouest, jusqu’à Ma Dian. Quand nous sommes arrivés à l'arrière de l'école de police nous avons fait demi-tour et commencé à donner coups de poing sur notre chemin de retour à Tucheng. C’était un long chemin entre les deux endroits. Comme Guangzi était fatigué, sa garde commença à tomber vers le bas. Maître YAO le réprimanda à deux reprises, en lui disant de faire attention à sa garde. Guangzi commença à ergoter avec Maître YAO, disant que c'était parce qu'il était fatigué. Tout ce que j’ai vu c’était Maître YAO soulevant sa jambe, il ne bougea pas du tout, Maître YAO avait frappé du pied Guanzi si fort qu'il avait presque fait une culbute (saut périlleux) avant de toucher le sol.

A : Ce devait être dur, l’entraînement à la campagne.
C : Oui, ça l’était. Une fois, j'ai vu Guangzi manger quelque chose de blanc avant de commencer à frapper le punchingball. J’ai demandé à Guanzi ce qu’il était en train de manger. Guangzi me dit que c’était du saindoux. Je lui demandai pourquoi il en mangeait. Guangzi me dit : "Papa dit que nous en avons besoin pour reconstituer le sel et les graisses dans notre corps perdus au travers des sessions d’entraînement au punchingball que nous faisons. Parce que nous ne pouvons pas avoir de la viande ici, la meilleure chose à faire est de manger du saindoux ». Au repas, j'avais toujours l’habitude de manger avec Maître YAO, tandis que l'épouse de Maître YAO, ainsi que YAO Cheng Rong et YAO Cheng Guang mangeaient à l'extérieur. Chaque fois que j’ai rendu visite à Maître YAO je lui achetais 5 kg de Gua Mian (une sorte de nouilles), et, sachant que Maître YAO aimait boire, deux bouteilles d'Er Guo Tou (une célèbre marque d'alcool chinois). Pendant qu’il m’enseignait le Yi Quan, Maître YAO m'a appris à être une bonne personne, pour cela, je ne pourrais jamais le rembourser. J'ai senti que ces petites choses ne seraient jamais assez pour rembourser Maître YAO de m’avoir laisser passer 3 jours chez lui! Après que j'ai vu Guangzi manger du saindoux, je me suis fait un point d’honneur d'acheter un gras de porc, pour eux aussi ». [A suivre...].


Notez que toutes les photos de Maître YAO pour cet article viennent du site internet de YAO Cheng Guang www.yiquan.com, une grande ressource pour les passionnés de Yi Quan.

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Published by David BLAYO - dans Ressources
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