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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 00:00
A : Certaines personnes disent que Maître YAO était conservateur, qu'il n'a pas enseigné ouvertement. Que répondriez-vous à cela?
C : Ce n'était pas comme ça. Beaucoup de gens ont appris le Yi Quan avec Maître YAO, à la fois l’aspect santé et l’aspect martial. Parfois, tout le monde était debout autour de Maître YAO posant des questions sur ceci et cela. Maître YAO répondait à toutes les questions auxquelles il pouvait répondre.

A : Quel genre de choses ne pouvait-il pas divulguer?
C : Laissez-moi vous donner un exemple. Il y eu longtemps un groupe d'amis s’entraînant aux arts martiaux avec moi. Maître YAO savait que j'étais un gars simple, franc, si quelqu'un me demande quelque chose, je le lui dirais c’est sûr. Maître YAO me raconta une histoire :

Il était une fois, deux personnes qui étaient amis depuis l'enfance. Plus tard, l'un d'eux est devenu un magistrat provincial et l'autre est devenu un homme riche. L'homme riche, qui était un amateur de pigeons, possédait de nombreux pigeons chers et rares dans sa maison. Un jour, l'homme riche rencontra par hasard le magistrat dans la rue, et comme ils ne s’étaient pas vu depuis longtemps, l'homme riche l’invita à venir chez lui. Lorsque le magistrat instructeur a vu que l'homme riche conservait tant de pigeons dans sa maison, il fut prodigue en louanges. Après que le magistrat soit parti, l'homme riche, pensant que son ami était également un amateur de pigeon, fit parvenir deux de ses meilleurs pigeons chez le magistrat. Peu de temps après, le magistrat s’acquitta d'une autre visite auprès de l’homme riche. Comme ils bavardaient, l'homme riche demanda au magistrat son avis au sujet des deux pigeons qu’il lui avait donné. À sa consternation, le magistrat déclara : « Ils avaient très bon goût! ". Le magistrat avait mangé les précieux pigeons de l'homme riche!


Maître YAO avait l’intention de me faire comprendre au travers de cette parabole,  que si vous donnez quelque chose de bon à quelqu'un qui n’en n’a pas besoin ou qui n'a pas atteint le niveau pour pouvoir l'apprécier, soit il l'abandonnera soit il ne l'aimera pas. Le résultat final est le même, cette bonne chose est dévaluée ou perdue. Maître YAO me disait souvent : "Enseigner les arts martiaux est une question de caractère, ce n'est pas comme offrir un repas à un ami. Disons qu’un de mes amis soit fauché, bien sûr, je vais lui prêter de l'argent, mais les arts martiaux ce n'est pas quelque chose que je voudrais enseigner à la légère ». Ce n'est pas qu'il était conservateur, il était juste mal compris. Comme il m'a dit, "Quand les gens achètent des cadeaux pour moi, c'est juste une expression de l'amitié. Mais, si cette personne me demande de lui enseigner, et qu’à aujourd'hui il soit au « niveau 1 », alors demain, il sera toujours au « niveau 1 ». Le problème, c'est que le lendemain, il voudra me questionner à propos du "niveau 2", puis le jour d’après ce sera le « niveau 5 ». Je veux vraiment lui apprendre, si il est au « niveau 1 » alors je ne peux que lui enseigner le matériel du « niveau 1 ». Le Gongfu est quelque chose que vous devez réaliser dans votre corps, pas dans votre tête. Je ne peux pas lui en dire trop, il serait tout simplement dans la confusion. J’ai constaté que ceux qui sont vraiment très curieux sont ceux toujours ceux qui pratiquent le moins. Même si je leur avais expliqué, ils ne comprendraient pas". Il m'a mis en garde, en disant : "Si vous voulez vraiment entraîner un étudiant, vous devez toujours lui donner de la matière un peu au delà de son niveau actuel. S'il ne le saisi pas, il ne faut pas continuer à lui enseigner plus de choses. C'est ce qui fait un véritable maître : la façon dont vous avez vraiment aider quelqu'un à «grandir» dans les arts martiaux". Pendant les années où je me suis formé avec Maître YAO, à partir de 1972, vous deviez «digérer» ce qu'il vous avait enseigné et l’avoir intégrer avant qu'il ne passe à l'étape suivante. Par exemple, il y a beaucoup de variations dans les « trois poings » du Yi Quan, et il me fallut jusque 1975, avant de les avoir bien compris. Quand c’est arrivé, Maître YAO a arrêté de les mentionner. C'était sa façon d'enseigner, il ne parlait jamais de quelque chose que vous aviez déjà compris, préférant toujours parler des «lacunes» dans votre Yi Quan. Il a toujours voulu faire de vos faiblesses des points forts, c'est la façon dont il vérifiait les progrès accomplis. Prenez Hunyuan Li à titre d'exemple. Nous devrions être en mesure d'exprimer Hunyuan Li vers l’avant et vers l’arrière, vers le haut et vers le bas ainsi qu’à gauche et à droite. Tout le monde aura une direction de force « forte » et une direction de force «faible».

En tant qu'étudiant, vous devriez vous concentrer dessus et renforcer la direction de force dans laquelle vous êtes le plus faible. Malheureusement, c'est toujours la même chose les gens se concentrent sur leur point fort, et leur Yi Quan finit par être polarisé, déséquilibré. L'idée directrice dans Hunyuan Li est qu'il s'agit d'une force équilibrée qui peut s’exprimer dans n'importe quelle direction, si vous ne pouvez l'exprimer que dans un sens, comment cela peut-il être Hunyuan Li? C'est comme lorsque je pratiquais «le changement de paume avancé», je l’ai pratiqué pendant un moment jusqu'à ce que je crois que c'était bon, puis a commencé à vouloir passer à quelque chose d'autre - mais Maître YAO garda juste le silence. J'avais fini la pratique de «la simple paume» depuis 6 mois, à la fin j’en suis arrivé au point où j'étais malade du «changement de paume", j'ai dû me forcer à la pratiquer. Un jour, Maître YAO a finalement juste dit : «Ça suffit». Je me suis senti tellement soulagé! Ce n'est que plus tard, lorsque j'ai accepté des défis en Chine et à l'étranger, que j'ai réalisé l'importance des compétences développées par «le changement de paume» dans le combat réel. C’est la sévérité et la rigueur de Maître YAO qui m’a vraiment marqué. Il ne voulait pas que vous « appreniez » juste une technique, il voulait que vous pratiquiez ce qu’il enseignait jusqu'à ce que ça devienne inconscient, automatique.

A : Beaucoup de gens se demandent pourquoi, si cela a pris 3 ans à Maître YAO pour être en mesure de combattre au travers du Yi Quan, pourquoi cela a-t-il pris beaucoup plus longtemps à la troisième génération de Maîtres?
C : Maître YAO a réellement discuté de cela avec moi, il déclara : "Rui Bin, vous ne pouvez pas comparer cette génération à notre génération. Quand j'étais jeune, tout ce que j'ai fait pendant mes journées excepté manger et dormir c’était pratiquer le Yi Quan. Je ne pensais pas à quoi que ce soit d'autre, je n'ai certainement jamais pensé à l'argent. Aujourd'hui, si vous ne trouvez pas de travail, vous n'aurez même pas l'argent pour manger. En tant qu'adulte, vous ne pouvez pas continuer à compter sur vos parents pour vous sustenter. Si vous avez un emploi à temps plein ainsi que la pratique du Yi Quan, alors bien sûr, le processus s’allongera. Il m'a fallu 3 ans, donc je dirais que cela vous prendra peut-être 6 ans, ou alors, peut-être un peu plus longtemps. C'est pourquoi, dans cet art  votre volonté et votre détermination sont si importantes, si vous ne pouvez pas serrez les dents et tenir bon, alors vous n'y arriverez jamais".

A : Vous avez déjà parlé de la façon dont vous en êtes venu à étudier avec Maître YAO, d’une façon générale. Pourriez-vous aller dans un peu plus dans les détails sur la façon dont il enseigneait la poussée des mains (Tuishou) et le sparring?
C : A la fin de la journée, à part l’entraînement avec Maître YAO, je boxais également avec un groupe de personnes de mon usine. Une fois, Maître YAO était en train de me regarder boxer avec un autre élève chez lui, quand il dit : "Qu’est-ce que c’est que ce truc tapageur? Tenez-vous en à la structure de base...". Plus tard, après avoir estimé que j’avais des bases convenables, il me laissa expérimenter un peu. À l'époque, il a déclaré : «Tout d’abord, vous devez être résolu. Si vous voyez que vous pouvez le frapper, allez-y, inquiétez-vous de ne pas le frapper quand cela arrive. Concernant les détails, ils peuvent arriver plus tard, lorsque vos bases sont assez solides. "

A : Quels sont exactement les détails dont il parlait?
C : Les détails auxquels il se réfèrait étaient les feintes et les « appels » - à la fois avec les mains et les pieds, et mentalement aussi. Bien sûr, il y a aussi Shen Guang Long Zhao (l’enveloppe de l’aura ?). Lorsque vous avez ces éléments sous votre contrôle les choses deviennent plus détaillées, plus riches et plus complètes. Maître YAO m'a appris à combattre dans des circonstances différentes : que faire lorsque vous avez beaucoup de place, lorsque vous êtes à l'étroit, quand votre adversaire vient à vous à plein régime, ou comment le forcer à faire un mouvement s’il se fixe. Avant 1981, Maître YAO faisait beaucoup de sparring et de poussées des mains avec moi. Après 1981, tout aussi souvent, il poussait les mains et faisait du sparring avec moi, puis expliquait ce qui se passait à l'intérieur. Il y a eu une période où, dans le but de m’entraîner aux déplacements, Shenfa et la capacité à repérer les possibilités d'attaquer, Maître YAO décréta que, en sparring, j'étais autorisé à donner seulement 3 coups de poing à chaque round de 3 minutes.

A : Lorsque Maître YAO faisait la poussée des mains et le sparring avec vous, essayiez-vous vraiment de le battre?
C: Oui. Dès que je détectais une opportunité, je sortais la force, espérant projeter le vieil homme pour une fois (rires). La folie de la jeunesse, je suppose. Comme j’avais lancé mon attaque, Maître YAO se contracta, me faisant sentir comme si j'avais écrasé quelque chose de très lourd. Le moment où j'ai eu ce sentiment a été remplacé par un sentiment que cette «chose» avait été emportée par le vent. Je suppose que c'est la raison pour laquelle on dit : "Puissant comme la mer qui déborde, le corps bouge comme une montagne en train de voler» (Zhang Li Hai Ru Yi, Shen Dong Si Shan Fei). Son contrôle sur la tension, le mouvement et son ampleur était une merveille à voir. Et tout comme en sparring, je l’ai attaqué avec mes meilleurs coups, mais je ne pouvais toujours pas l’atteindre! Plusieurs fois, j‘ai senti comme si mon poing était déjà en contact, mais c’était comme si mon poing juste le brossait, il n'y avait nulle part où appliquer ma force. La chose étrange, c'est qu'il n'a même pas eu à se déplacer très rapidement, mais ses deux grandes mains étaient toujours en face de votre visage. Il n'y avait pas d'importance à essayer de l’éviter ou de plonger, c'était comme si il était médium, ses deux grandes mains étaient toujours en face de votre visage.

A : [un disciple de WANG Xiang Zhaï, aujourd'hui décédé] AO Shi Peng m'a raconté un jour une anecdote qui a eu lieu alors que la Chine était prisonnière de la « Qigong mania» [dans les années 80]. AO questionna Maître YAO sur le « Fa Gong » [projection de Qi externe], et demanda si le Yi Quan pouvait produire ce genre de capacité également. Dans un premier temps, Maître YAO était réticent à parler de ce genre de choses, mais finalement, vu que AO n'allait pas laisser tomber, il soupira et souleva sa main. Gardez à l'esprit que AO et Maître YAO étaient séparés par une table à manger, à ce moment-là. Maître YAO leva sa main et fit un très petit mouvement de Fa Li vers le visage de AO. AO sentit comme si une grande masse de papier a frappé son front, ça lui fit une peur bleue. Avez-vous déjà rencontré ce type de capacité?
C : Maître YAO a toujours été réticent à parler de ce genre de choses, même dans ses livres, il a nié que ça existait dans le Yi Quan. Son intention n'était pas d’amener les étudiants du Yi Quan à s’égarer. En fait, la pratique du Yi Quan peut développer cette aptitude. Maître YAO m'a parlé à ce sujet en 1978. Cette année-là, afin d'étudier le Yi Quan avec Maître YAO, j'ai pris des congés maladie, des douzaines de fois. J'ai renoncé à beaucoup d'autres choses pour la pratique du Yi Quan.

A : Plus tard, vous avez quitté votre emploi pour vous former à temps plein, n'est-ce pas?
C : C'est arrivé en 1981. À ce moment, aucun de nous n'aurait pu imaginer que nous serions en mesure de vivre de l'enseignement du Yi Quan. Maître YAO m'a enseigné le Fa Gong pour que je puisse avoir une autre façon de gagner ma vie (en dehors de l'enseignement des arts martiaux). Comme il l'a dit : «C'est bien pour vous de combattre maintenant que vous êtes jeune, mais souhaiterez-vous toujours vous battre quand vous aurez une soixantaine d’année?". Et il m'a dit que le Fa Gong peut aider à guérir les gens de la maladie. J'avais déjà rencontré cela avant. À cette époque, il y avait une femme dans mon usine appelée ZHANG Qingchun qui avait une gastroptose (prolapsus de l’estomac). Je lui ai dit : « Madame ZHANG, permettez-moi d'essayer de vous guérir ». Elle resta là debout alors que je pratiquais le Fa Gong sur elle. Au début, je ne maîtrisais pas les changements intérieurs. J'ai utilisé une très haute fréquence, et après 5 minutes, elle a commencé à suer et ses jambes ont commencé à fléchir. Après, je lui ai demandé de s'asseoir sur un canapé et j’ai ralenti ma fréquence, elle se sentait beaucoup mieux. Pour le moment, j'ai plusieurs amis qui ont des maladies que j'ai essayé de guérir par le Fa Gong. Jusqu’ici les résultats ont été très bons.

A: Vous avez mentionné que Maître YAO était très strict. Maître Yao vous avait-il déjà engueulé?
C: Oui. Il y a eu une fois où je faisais du sparring avec Guangzi (YAO Cheng Guang) au stade Xian Nong Tan. Maître YAO regardait de l'intérieur de la salle. Comme nous étions en train de faire du sparring, Maître YAO poussa la fenêtre pour l’ouvrir et cria : «Ruibin! Qu’êtes-vous en train de faire, bon sang? ». Dès que je l'ai entendu crier, je me suis arrêté. Je ne comprenais pas pourquoi Maître YAO était en colère avec moi. Maître YAO sorti de l'immeuble et gronda Guangzi. Guangzi essaya de formuler des excuses, mais cela ne fit que Maître YAO encore plus en colère. Il déclara : « Si Ruibin ne veut pas te battre, alors je vais le faire! ». Plus tard, Maître YAO m'a dit avec agitation : « Ruibin, voulez-vous voir Guangzi battu dans l'avenir? ». De cette façon, on peut voir la rigueur de Maître YAO, non seulement envers ses élèves mais aussi envers son propre fils. En fait, il était sévère avec Guangzi précisément parce qu'il se sentait responsable de son avenir. Au cours de ces années pendant lesquelles j'ai étudié le Yi Quan avec Maître YAO, bien qu'il ne m’ait pas très souvent engueulé, chaque fois qu'il gronda son fils, je pris ça comme s'il me grondait moi. Je compris instinctivement que Maître YAO ne voulait pas corriger la même erreur une deuxième fois, donc je ne pouvais pas me permettre de faire les mêmes erreurs que Guangzi. En 1982, après un entraînement intensif à Xian Nong Tan, Maître YAO me dit : « Ruibin, reviens à la maison avec moi ». J'ai dit que j'avais des choses à faire. Maître YAO déclara : « Cela ne peut pas attendre jusqu'à demain! ». Dès que j'ai entendu cela, je savais que Maître YAO avait quelque chose à me dire, et je suis revenu avec Maître YAO. À ce moment-là, Maître YAO avait déménagé à Ma Dian. Comme nous avions fini de déjeuner, Maître YAO mentionna un certain nombre de personnes qui pratiquaient le Yi Quan avec moi. Il savait que j'étais un gars droit. Si quelqu'un d'autre m'avait demandé quelque chose, je le lui aurais sûrement dit. Mais du point de vue de Maître YAO, ces personnes "parlaient pour parler, mais n’arpentaient pas le chemin". Comme ils ne faisaient pas d'effort, je ne devais pas tout leur dire. Il dit : « Vous feriez mieux de vous y plier! [re: ne pas tout dire aux gens] ». Ensuite, nous nous sommes mis en route pour nous entraîner à Xian Nong Tan. C’est à ce moment-là qu’il a levé sa voix et déclaré : « A partir de maintenant, vous êtes en charge de la formation à Xian Nong Tan!". J'ai dit : « Mais vous êtes là... ». Maître YAO scanda : « Si quelqu'un essaie de vous prendre de haut, il suffit de dire que cela vient de moi! ». Et donc, à partir de là, j'étais en charge de mener à bien l’entraînement à Xian Nong Tan. Plus tard, Maître YAO est allé à Henan. Avant son départ, il déclara : « Ruibin, après mon départ, vous serez responsable ici. Vous êtes le seul dont j’attends que vous acceptiez de relever tous les défis qui viendraient à nous ». Comme l’avait prévu Maître YAO, après son départ, un boxeur est venu à Xian Nong Tan et a lancé un défi. Ce jour-là, BO Jia Cong (un autre de ses disciples) était présent, et intervint comme arbitre. Parce que le boxeur était pas mal compétent, je l’ai frappé très fort. Malheureusement, cela se termina par HOU Zhi Hua (du Groupe de recherche sur le Yi Quan) me critiquant. Il dit : « Vous n’auriez pas du frapper si fort, il est encore à l'infirmerie vous savez! ». Que pouvais-je dire ? J'étais jeune et insouciant, et alors les défis étaient monnaie courante.

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Published by David BLAYO - dans Ressources
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