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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 18:20
A : Nous avons depuis longtemps entendu dire que le pouvoir de pénétration du Yi Quan (Quan Tou Li) était redoutable. Maître YAO vous avait-il fixé des «règles» pour répondre aux défis?
C : Au début, il n'y avait pas de règles. Plus tard, il arriva un incident qui eut pour conséquence que Maître YAO me fixa quelques règles. Cela a commencé comme ceci : dans l'après-midi du 25 avril 1982, il y eut une compétition de Sanda au stade de Shijingshan. Pour cet événement, il n'y avait personne d'autre dans ma catégorie de poids, alors j'avais amené quelques frères de Gong Fu afin de démontrer l’efficience en combat du Yi Quan.
Après la compétition, quand pratiquement tout le monde était parti, l'un des entraîneurs appelé YANG Yong De s'approcha et dit : « Monsieur CUI, quelqu'un veut « croiser les mains » avec vous. Pourriez-vous accepter le défi? ». A ce moment-là, quelques-uns des juges-arbitres arrivèrent et me dirent : « Monsieur CUI, si vous allez le prendre, n’y aller pas de main morte avec lui, ce gars-là a défié des personnes venant de partout. Même pendant la compétition tout à l'heure, il continuait à insister parce qu'il voulait défier ce maître ci, ce maître là... ». Dès que j'ai entendu cela, j'ai accepté le défi. Quand il entendu dire que j'avais accepté, il demanda à ce que l’on porte des gants. Je mis une paire de gants standards de lutte en Sanda, à l'époque. Je lui ai dit : « Frappez-moi avec tout ce que vous avez, je vais juste utiliser les mains, pas les pieds ». Au début, le challenger fit beaucoup de feintes vides, pour laquelle je me suis mis à faire une feinte vers le haut. En réponse, il s’affaissa et fut sur le point de se relever quand je le frappai d’un coup de « paume qui râcle » (Xiao Zhang) sur sa clavicule. Il tomba sur son derrière et s'assit sur le sol, blême et respirant difficilement, tout en essayant en hâte d'enlever ses gants. Voyant cela, je commencai à le réprimander, en disant : « Oh allez! Si vous ne pouvez même pas encaisser ça, comment pouvez-vous vouloir sans cesse défier tout le monde? », ce à quoi il n'eut pas de réponse. Un de ses amis l’aida à se remettre debout. Il ne pu même pas sortir du stade avant de s'écrouler au sol et dû être transporté dans la chambre du concierge. Il lui fallu 4 heures pour récupérer. Le lendemain, j'ai mentionné cet incident à Xian Nong Tan et des nouvelles de ça arrivèrent aux oreilles de Maître YAO. Maître YAO agita son doigt vers moi et me gronda : « Ruibin, à partir de maintenant, vous n'êtes pas autorisé à accepter les défis sans mon accord! Et si vous l'aviez tué? Je ne voudrais pas échanger 10 de ce genre d'homme pour 1 comme vous! ». Il était inquiet parce que si j'avais continué à agir inconsidérément, tôt ou tard, j’aurais eu des ennuis, et toutes ses années de dur travail à m'entraîner auraient été réduites à néant.

A : Les gens avaient l'habitude de dire que vous étiez « l’homme fort » de Maître YAO, n'est-ce pas?
C : Oui, c’est vrai. Certes, j’ai eu plus d’opportunités d'accepter des défis que mes frères de Yi Quan l’eurent. En 1981, le journal « Jiefang Ribao » de Shangaï publia un article écrit par un maître d'arts martiaux nommé WANG, qui affirma qu'il avait battu Wang Xiang Zhaï en 1937 à Yantaï. Maître YAO me demanda de prendre congé de mon usine et d’aller avec lui à Shanghaï, ce que je fis.
Nous avons rencontré le rédacteur en chef chargé de la rédaction de cet article, CHENG Kang Xuan. Maître YAO dit : « Autant que je sache, WANG Xiang Zhaï n'est jamais allé à Yantaï. Puisque ce Maître WANG dit qu'il a battu WANG Xiang Zhaï, j'ai besoin de vérifier les détails avec lui. Même si je n'ai pas pratiqué beaucoup depuis la dernière décennie que je suis à la campagne, je pourrais quand même « croiser les mains » avec lui. S'il a quelques étudiants qui seraient prêts à « croiser les mains », j'ai également amené un de mes étudiants, ils pourront ainsi comparer leurs compétences ». CHENG Kang Xuan déclara que l’ébauche initiale de l'article était encore plus exagérée que ce qui fut imprimé, qu'il avait supprimé beaucoup de choses. Quant au fait de « croiser les mains », CHENG dit que c'était beau, il se retourna, et commença à appeler « Maître WANG, Maître WANG! ». Mais le Maître WANG avait disparu. Intrigué, CHENG dit : « Mais Maître WANG était juste là, il était ici quand vous êtes arrivé.... ».
Le président de l'Association de Wushu de Shanghaï, GU Liu Xin, et le chef du département de Wushu du Shanghaï Physical College, CAI Long Yun, avec l'approbation de Maître YAO, organisèrent une réception à laquelle ce maître WANG était censé venir et échanger avec Maître YAO, mais il n'arriva jamais. Nous avons fait quelques recherches et avons découvert dans quel parc ce Maître WANG enseignait à ses étudiants, mais en arrivant au parc, nous n'avons pas pu le trouver non plus. Par la suite, afin d’en finir avec cet incident, le quotidien « Jiefang Ribao » publia un article de ZHANG Chang Xin (un autre élève de WANG Xiang Zhaï) au sujet de la pagaille que Maître WANG Xiang Zhaï avait créée la première fois qu'il avait enseigné le Yi Quan à Shanghaï. En 1985, après le décès de Maître YAO, je suis allé voir mon « oncle » de Gong Fu, ZHAO Dao Xin. Dès que je passai la porte, Maître ZHAO déclara : « Jeune CUI, vous avez eu un moment difficile ». En entendant cela, je sus que Maître YAO avait parlé à Maître ZHAO de notre voyage à Shanghaï pour trouver ce Maître WANG. Je répondit : « Maître YAO vous en a parlé? ». ZHAO déclara : « Oui, j'ai entendu toute l’histoire ». Après que je me sois assis, Maître ZHAO me dit : « Avant même que vous ne partiez pour Shanghaï votre professeur est venu à Tianjin pour discuter de cette question avec moi. Au début, je ne pensais pas que Maître YAO devait se rendre à Shanghaï. Maître WANG avait déjà disparu, quel était le point de désaccord avec ces gens [à Shanghaï]?". Après un soupir, il continua : « Mais je suppose que Maître YAO n'avait pas beaucoup le choix, étant porte-drapeau et tout ce qui va avec… ».

A : Même aujourd’hui, il y a des gens racontant sur internet et dans les magazines comment ils ont battu WANG Xiang Zhaï.
C : Je sais. Les gens qui ont fait ces allégations ont toutes disparues à présent. À cet égard, je suis d'accord avec le point de vue de Maître ZHAO, on devrait laisser ce genre de discours passer au-dessus de nous. En fait, je ne dis pas que Maître WANG n’a jamais perdu. Chaque artiste martial peut avoir un mauvais jour, personne ne naît « maître ». WANG Xiang Zhaï avait même raconté à ses disciples les fois où il avait perdu et comment il avait perdu, dans sa jeunesse. Mais les gens ne devraient pas utiliser ceci à leurs propres fins, leurs histoires ne résistent même pas à un examen.

A : Objectivement parlant, même les personnes qui plus tard allaient devenir de grands maîtres ont eu des jours où ils ont perdu en étant pas dans leur assiette ou en sous-estimant leur adversaire. Ce genre de choses arrive souvent. Beaucoup de gens ne peuvent pas ou ne veulent pas accepter le fait que leur enseignant ou l’enseignant de leur enseignant ait une fois perdu, car ils sont émotionnellement investi dans une idée. Ils pensent que si leur Maître perd cela signifie que leur style n'est pas bon. En réalité, ce ne fonctionne pas comme ça : juste parce que quelqu'un perd de temps en temps, cela ne signifie pas que ce maître n'a pas de Gong Fu ou que son style n'est pas bon.
C : Même Muhammad Ali n'a pas remporté tous ses combats, mais il est encore reconnu comme l'un des plus grands boxeurs de tous les temps. La façon d'évaluer le Gong Fu et la réalisation d'un artiste martial est d'analyser le « matériel » qu'il a laissé derrière lui. Mon point de vue est que si vous êtes sérieux au sujet des arts martiaux, vous devriez mettre votre énergie et vos efforts à étudier le « matériel » transmis par les générations précédentes ainsi que la formation de la prochaine génération. Vous devez les aider à devenir des combattants capables de résister à l'épreuve du combat réel, C’EST la bonne Voie.

A : « Le Gong Fu n'est pas dans la bouche ».
C : C'est exact. Bien que Maître WANG Xiang Zhaï déclara que « combattre est la moindre des compétences » (Jiji nai moji), mais afin de devenir un grand maître, vous devez au moins posséder cette capacité. Les gens disaient que j'étais « l’homme fort » de Maître YAO, mais plus tard, Maître Wang Yu Xiang (un autre disciple de Wang Xiang Zhaï) a souvent dit : « Ruibin n'est pas seulement un combattant, il est aussi très versé dans les principes du Yi Quan ». Lorsque Shishu (« oncle » ou parrain dans les arts martiaux) DOU (DOU Shi Ming, un des principaux disciples de WANG Xiang Zhaï) et moi sommes allés à Shenzhen en 1994 pour enseigner le Yi Quan, Tong Guo Zao d’Argentine et Tang Ru Kun du Canada ont tous les deux amenés des groupes de personnes. Toute la série de séminaires a été enregistrée sur vidéo. Cette vidéo a été transmise à Ivan Fok, directeur de l'Association Yiquan Hong Kong, qui m'en a donné une copie. Une autre copie a fait son chemin jusqu’à moi par BAI Xue Zheng (un disciple de Maître YAO), qui l'avait reçu de HAN Si Huang (un autre disciple de Wang Xiang Zhaï). Mes conférences et les démonstrations étaient toutes enregistrées sur la bande. Plus tard, après avoir regardé l’enregistrement, Maître HAN m'a appelé de chez lui, en disant : « Ruibin, nous ne vous connaissions pas vraiment auparavant, à l'avenir, nous aimerions que vous veniez ici et nous aider à former [mes élèves ] sur l’aspect combat ».

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Published by David BLAYO - dans Ressources
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