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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 17:41
A : De nos jours, beaucoup de gens qui pratiquent le Yi Quan n’ont jamais vu WANG Xiang Zhaï par eux-mêmes, ils ont seulement entendu parler de lui. Ces gens veulent tous développer la capacité de Maître WANG à «projeter» les gens et parlent de ses prouesses avec délectation. Que pensez-vous de ce phénomène?

C : Cet type de désir n'est pas erroné, mais vous ne devez pas le poursuivre aveuglément. Vous devez comprendre le processus, et ce processus est la méthode d’entraînement. C'est comme si vous vouliez monter sur le toit d'une maison, vous avez d'abord besoin d’une échelle. Le nombre de barreaux de l'échelle sera déterminé par la «qualité» des étudiants - c'est un point crucial. Par exemple, dans le cas de Maître WANG, il y avait 3 échelons; dans le cas de Maître YAO, il a reçu 5 échelons, et pour mes élèves, je pourrais parler de 8 échelons. Il s'agit d'une loi naturelle - le temps va de l'avant, la science progresse, mais les réactions des gens sont de plus en plus émoussées. Bien que l'esprit, l'intention et la conscience du corps sont importants en Yi Quan, le développement de la «puissance naturelle» est encore plus importante. La tendance générale, relative au physique des personnes actuelles, est de ne pas être aussi bonne que celle des générations précédentes, raison de plus pour nous, d’opter pour une approche progressive, étape-par-étape, afin de maîtriser cette [capacité]. Il s'agit d'un processus de croissance. Comme Maître WANG l’a déclaré : «Une élévation de la main, un levé de jambe : Que voulez-vous faire? Quel est le but de cela? Quel en est l'effet? Quels sont les processus et les phénomènes intervenant? ». Vous allez passer par les étapes de « ne pas être capable de sortir la force », à « être capable de la sortir », à « ne pas seulement être capable de la sortir mais aussi de projeter les gens ». Ce processus est très important.

A : Je parie qu'il y a beaucoup de «tours de mains» qui doivent être physiquement montrés dans le cadre de ce processus.
C : Oui. Par exemple, quand je m’entraînais à Jiji Zhuang sous le regard de Maître YAO, à la campagne, je n'avais pas saisi la nécessité de redresser le corps et de légèrement creuser la poitrine [Han xiong] en même temps. Maître YAO pris une posture de combat et déclara : "Sentez ma poitrine". Dès que j'ai touché le centre de sa poitrine, j'ai instantanément compris, et quand je fis Zhan Zhuang la fois d’après, j'ai immédiatement trouvé la sensation intérieure. Un autre exemple fut lorsque Maître YAO nous enseignait comment utiliser un sac de frappe. Il dit : «Quand je suis en train de frapper le sac, ne regardez pas seulement mes mouvements, mais aussi à ma posture (Shen tai) ». Après que vous aviez vu l’expression de son visage au moment de sortir la force, quand vous veniez frapper le sac vous-même cela faisait un monde de différences !

Zhao-Dao-Xin.jpgZHAO Dao Xin, un des meilleurs disciples de WANG Xiang Zhaï
qui plus tard fonda son propre art martial, le Xin Hui Zhang.

A : (disciple de WANG Xiang Zhaï et champion de boxe) BU En Fu mentionna une seule fois Maître WANG et ses disciples dans une conversation avec LIU Pu Lei, en disant : «Je n'ose pas me frotter à [Yao] Zongxun et [Zhao] Daoxin, pour le reste d'entre eux, si ils restent loin je peux les frapper, s'ils viennent au près je peux les projeter ». Parmi les anciennes générations de maîtres d'arts martiaux à Pékin, Maître YAO était connu comme « Yan Wang » (le juge chinois des morts). Ils avaient beaucoup de respect pour ses connaissances en arts martiaux.
C : (hochant de la tête) Le décès prématuré de Maître YAO a causé des dommages incalculables au Yi Quan. Si seulement il avait vécu plus longtemps, le Yi Quan ne serait pas dans l'état dans lequel il est à l’heure actuelle. Avant que Maître YAO ne doive aller à l'hôpital, lui et Ivan Fok (directeur de l'Association de Yi Quan de Hong Kong) étaient déjà d’accord pour qu'il [Ivan Fok] verse 3 millions de RMB pour la construction d'un terrain d'entraînement pour Maître YAO. Après que Maître YAO fut hospitalisé, Ivan Fok voulu continuer ce projet. « Oncle » AO [Shi-peng], Zhang Zhong et moi-même nous rendirent à sa «Maison de chasse». Le site que nous envisagions était dans le Hutong Wenchang face au Palais de la Culture des Nationalités à Xidan [dans le centre de Beijing]. Le complexe se composait de 4 ou 5 maisons entourant une cour intérieure d'environ 100 mètres carrés. À ce moment là, nous voulions acheter le complexe entier. Plus tard, certaines personnes ont suggéré que nous devrions « utiliser les affaires pour financer les arts martiaux », c'est à dire que nous devrions utiliser cet argent pour faire des affaires. Maître YAO était d'avis que M. FOK avait donné cet argent afin de promouvoir le Yi Quan, et non pour faire des affaires. Et d'ailleurs, aucun d'entre nous ne connaissaient la première chose à faire pour démarrer une entreprise. Un jour, je rendis visite à Maître YAO à l'hôpital et j’arrivai au moment où il écrivait une lettre à M. FOK. Dans cette dernière, il avait écrit : «Cette somme d'argent était destinée au développement du Yi Quan, elle ne peut pas simplement être utilisée pour n'importe quel autre vieux but. Ne le donnez pas à quelqu'un sans ma permission expresse ». Après que Maître YAO eut fini d'écrire la lettre, il me demanda de la poster. Maître YAO décéda peu après, et ce projet fut abandonné, non réalisé.

A : C'est dommage que Maître YAO n’ait pu voir ses grandes aspirations réalisées de son vivant.
C : Pendant que Maître YAO était à l’hôpital, Guangzi, Rongzi, Huzi («Tigre», un surnom pour LI Hong Ji), BAI Xue Zheng, WEI Yu Zhu et moi-même nous nous relayèrent pour le veiller à l'hôpital. Voyant cela, Maître YAO soupira et dit : «Ma maladie provoque un retard dans votre entraînement ». Et oui, même s'il était sous perfusion, il continuait encore à superviser notre pratique. Le souvenir le plus frappant que j'ai de cette époque, était quand je faisais le grand Ti An Shili. Maître YAO dit : «Faites le encore plus grand.... plus grand que ça .... encore plus .... Oui, c'est ça ». Il m'a dit : « Rappelez-vous, c'est la flambée de puissance (Gudang Li) ». C'est aussi durant cette période qu'il m'a enseigné la manière de traiter à la fois avec les générations plus jeunes et les plus âgés de la communauté du Yi Quan, personne par personne, nom par nom. Un jour, un peu plus tard, lorsque Maître YAO était proche de la fin, « Oncle » AO et moi étions assis au chevet de Maître YAO quand « Oncle » AO a déclaré : "Ruibin, pourquoi est-ce que vous ne demandez pas à Maître YAO s'il y a encore quelque chose dont il a besoin de vous parler ?». Maître YAO, couché sur son lit d'hôpital, me fit signe de m'agenouiller devant le lit. Il dit : "Tout ce qu'il y avait à dire je vous l’ai déjà dit, il n'y a rien de plus à ajouter. Rappelez-vous juste : continuez à pratiquer, ne vous laissez pas aller, c'est tout".

A : Beaucoup de gens disent que le décès prématuré de Maître YAO était du au fait qu'il était déprimé en raison des campagnes politiques dont il avait souffert.
C : Nous avons tous vécu la brutalité de la révolution culturelle. Pour quelqu'un comme Maître YAO, qui avait ses propres idéaux et des ambitions dans les arts martiaux, ne pas être en mesure de réaliser ses ambitions pour des raisons historiques et du fait d’un environnement oppressif, hé bien, ce genre de douleur n'est pas quelque chose auquel la plupart des gens ordinaires peuvent résister. Lorsque Maître YAO a été transféré vers l’hôpital An Zhen, plusieurs de ses frères d’arts martiaux ont convoqué une réunion au cours de laquelle ils ont décidé de ne pas le faire passer par une operation. Moi-même et quelques autres ont plaidé en faveur de l’opération en disant : «Il doit avoir cette opération. Au moins, s'il est opéré il y a un peu d'espoir [de rétablissement], s'il ne la fait pas il n'y a pas d'espoir du tout ». Au final, ils décidèrent qu’il fallait la faire. Après l'opération, le chirurgien responsable me fit appeler, ainsi que « Oncle » Ao, Madame YAO et Guangzi, et dit que Maître YAO était gravement malade, et quil ne pourrait plus subir d’opérations ultérieures. Tout ce que le chirurgien avait fait était de la reconstruction gastrique afin de laisser Maître YAO se nourrir de repas liquides. Il nous a dit de nous préparer au pire, que Maître YAO avait 3 à 6 mois avant de mourir. Pendant que Maître YAO était à l'hôpital, l’Association d’Arts Matiaux de Pékin donna son appui sans réserve à Maître YAO, en particulier concernant ses factures médicales. Les médicaments sont divisés en classes, par exemple, de nos jours, la globuline est disponible librement, mais à l'époque des compléments furent extrêmement rares, si vous n'aviez pas le grade ils ne vous donnaient pas le médicament. Et ainsi l’Association d’Arts Matiaux de Pékin a écrit une lettre permettant à Maître YAO de bénéficier d’une partie des médicaments dont il avait besoin, et Ivan Fok en acheta une autre partie à Hong Kong pour Maître YAO. Maître YAO a été hospitalisé pendant 5 mois à compter de septembre 1984 jusqu'à ce qu’il décède le 11 janvier 1985. Je n'étais pas à ses côtés quand il est décédé, c’est quelque chose qui me cause une certaine culpabilité, même maintenant. Il se trouva que ma grand-mère était sur son lit de mort à peu près au même moment, alors ma famille m'avait fait rester à ses côtés. J'avais même dit à Guangzi :  "S'il y a un changement dans l'état du vieil homme, fait le moi savoir". Peut-être parce qu'il n'avait jamais vécu cela auparavant, il ne put pas me trouver ce jour-là et donc ne m’avait pas dit lorsque Maître YAO est décédé. Après les funérailles de Maître YAO, mon Shixiong, XU Ruhai, m'a vu dans le jardin [où nous avions l'habitude de nous entraîner]. Dès qu'il m'a vu il a commencé à me gronder, disant : «Où diable étiez-vous? Jusqu’à la fin Maître YAO a continué à demander après vous, et personne ne pouvait vous trouver! ». J'ai entendu dire cela ce jour-là par « Oncle » Ao, BO Jia Cong et Guangzi. Près de la fin, XU Ruhai et quelques autres sont allés le voir, et demandèrent à Guangzi de retourner à la maison de Ma Dian; le temps que Guangzi revienne de Ma Dian, Maître YAO était déjà décédé. [En disant cela, un air de tristesse passe sur le visage de Maître CUI]

A : Changeons de sujet, vous avez déjà beaucoup discuté aujourd'hui, pensez-vous que vous pouvez entrer dans les détails de ce que la formation intensive à Xian Nong Tan a amené?
C : Au cours de cette cession intensive, nous nous entraînions plus de trois heures l'après-midi, trois fois par semaine. La formation a été divisée en plusieurs étapes. Dans la première étape, nous faisions une heure de Zhan Zhuang, puis Shi li et Mocabu, rien d'autre. Dans la deuxième étape, nous faisions encore Zhan Zhuang, mais les postures étaient différentes de celles de la première étape. Après Zhan Zhuang, nous commencions à pratiquer des coups de poings dans l'air, spécifiquement le coup de poing direct en avançant [Jinbu Faquan]. Maître YAO me faisait mener les autres dans cette pratique des coups de poings : nous commencions par un coup de poing d’un seul côté, un coup de poing droit, puis un coup de poing type « uppercut » [Zuan Quan], suivi d’un coup de poing « plongeant » [Zai Quan], dans lequel il existe 3 variantes. Après cela, nous passions à des exercices «combinés» qui formèrent des combinaisons, déplacements, postures et les méthodes de jambes [Tui Fa]. Avant de pratiquer les méthodes de jambes, nous faisions des étirements des jambes, des coups de pieds chassés directs et des Shi Li avec nos jambes. Lors de la pratique des méthodes de jambes, nous utilisions une balle tenue verticalement par des ressorts ou des sangles de cuir pour nous entraîner à la précision et au tranchant [Cui Jinr] de la sortie de force dans nos coups de pieds. Plus tard, nous avons ajouté l’entraînement aux pattes d’ours [Pao] de précisions. Cela incluait notamment l’entraînement de frappes des pattes d’ours en position fixe et mobile.

A : L’entraînement avec les pattes d’ours en Yi Quan est-il le même que celui en Sanda et en boxe?
C : Non. En Yi Quan, lorsque vous frappez les pattes d’ours, vous la frappez une fois dès que la mitaine vient vers vous et encore une fois dès que vous avez mesuré la distance correcte. Cela entraîne les réflexes du pratiquant. Au début, vous ne devez pas frapper dur les paos. J'ai toujours l'habitude de raconter à mes élèves que c'est comme le tir au pigeon d'argile. Vous attendez là-bas avec votre fusil, dès que le disque d'argile jaillit, vous devez lever votre fusil et entendre le disque se briser presque au même moment. Dans le même temps, votre posture, vos déplacements et l’appréciation des distances doivent être bons, parce que le gars qui tient le pao de précision sera également en mouvement. Le rôle de celui qui tient la patte d’ours est essentiel pour aider les élèves à atteindre de bons résultats par cet entraînement. À la fin de la journée, c'était tout qui était entraîné haut-bas, gauche-droite et avant-arrière. Après l’entraînement aux paos, nous passions à l’entraînement des réflexes. La «règle» de cet exercice est que si je ne fais pas [quelque chose], vous ne faites rien. Par exemple, mon poing vient vers vous, vous n'êtes pas autorisé à réagir jusqu'à ce qu'il atteigne votre front. Vous ne pouvez pas contre-attaquer dès que je lance mon attaque : c’est le véritable entraînement aux réflexes.

yao1.jpg
A cette époque, nous avons tous développé des callosités Yao Zong Xun.jpgépaisses sur nos fronts. De cette façon, non seulement cela a entraîné nos réflexes, mais aussi la capacité de notre colonne vertébrale à absorber la force, parce que vous êtes très «solide» (Zheng) lorsque vous réagissez. Bien sûr, il y a d'autres avantages à ce genre de pratique, mais je n'irai pas dans le détail maintenant.

Plus tard, nous avons commencé à utiliser des sacs de frappe de boxe. Mais avant de frapper les sacs de frappe, nous avons d'abord du tenir Du Li Zhuang (Posture sur une seule jambe) et Fu Hu Zhuang (Posture de tenir le tigre) pendant 20 à 30 minutes chacune.

 

 

   Maître YAO Zong Xun dans la posture               Maître Yao Zong Xun dans la posture
  "sur une seule jambe" (Dou Li Zhuang).           de « tenir le tigre » (Fu Hu Zhuang).

 


Une fois que nous en avions tous l'habitude, chaque session d’entraînement se composait de Zhan Zhuang, coups de poings, Shi Li des pieds, entraînement aux réflexes, pattes d’ours et sacs de frappe. Après que nous eûmes fini de travailler ces Jiben Gong [exercices de base], on commençait le sparring. Au début, lorsque nous avons pratiqué le sparring nous n'étions pas autorisés à frapper la tête. Nous portions des casques d'acier basiques que l'Armée Populaire de Libération avait l'habitude d'utiliser pour la pratique de la baïonnette. Même si nous n'avions pas été autorisés à viser la tête, nous devions toujours être conscients de la protection de la tête. Après que nous eûmes fini le sparring, nous avons eu alors à courir autour du stade de Xian Nong Tan tout en donnant des coups de poing : au premier tour, nous donnions des coups de poing directs, au second, c’était des uppercuts, et des crochets plongeants au troisième, suivis de 1 tour de stade à différentes vitesses et de 1 tour en régime « stabilisé ». Cinq tours du stade c’était presque 5.000 mètres. Notre travail au sac de frappe a été chronométré : nous frappions le sac pendant 6 rounds, chaque round étant de 3 minutes. Dans un round de 3 minutes, j'ai pu lancer 260-270 combinaisons. Guangzi le pouvait aussi. L'intervalle de repos entre les séries variait entre 1 minute et 40 secondes. Maître YAO tenait le sac de boxe alors que nous étions en train de le frapper, suivant les mouvements du sac comme nous le frappions. C’était sa manière de vérifier si vos coups de poing avaient le pouvoir de pénétration, et aussi si vous pouviez frapper avec un montant constant de puissance, à chaque fois. Maître YAO a également redoublé notre formation de nos Zheng Li (concept de «forces opposées» en Yi Quan). Maître YAO m'a dit : "Zheng Li (les forces contradictoires) et l’entraînement aux réflexes sont le cœur du Yi Quan". Il recherchait le pouvoir des réflexes au travers de deux corps relatifs (le nôtre et celui de l'adversaire ?). Beaucoup de gens à présent parlent de « Er Zheng Li » (paires de force opposées). Maître YAO a également discuté de cela, mais afin de maîtriser Zheng Li, vous avez besoin de commencer par l’entraînement spécifique des paires de forces.

A : Beaucoup de gens pensent aujourd'hui que le Yi Quan de Maître YAO est orienté vers le combat moderne et la compétition, que c'est devenu presque la même chose que le Sanda ; l'idée étant que ce que Maître YAO enseignait n'était pas ce que Maître WANG lui avait appris. Qu'est-ce que vous pensez de ces types de déclarations?
C : Ce genre d'opinion est due à une compréhension limitée du Yi Quan. Ils ne peuvent pas voir l'essence du Yi Quan. Ils ne comprennent pas Maître YAO, ni ne comprennent Maître WANG. Dans les arts martiaux, vous ne pouvez pas continuer à vous concentrer sur des méthodes « originales » (Ndt : originales au sens de de premières, d’anciennes méthodes) d’entraînement. Nous devrions rendre les méthodes d’entraînement de notre art plus scientifiques et plus transparentes. Vous ne pouvez pas rester accrochés aux explications absconses.

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Published by David BLAYO - dans Ressources
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